Carnets de voyage en Morrowind #3

16 Vifazur en fin de matinée, Auberge d’Arrile

Au terme d’un long voyage jusqu’en Morrowind, les Impériaux m’ont finalement relâché sur l’île de Vvardenfell. Beaucoup de questions subsistent quant aux raisons de ma libération ici. Pourquoi maintenant ? Pourquoi ici ? Pourquoi ?

J’ai aperçu le sceau de l’Empereur sur les papiers. Je ne peux croire qu’il se soit lui-même préoccupé de me faire libérer. Je n’étais qu’un petit agent, et aujourd’hui je ne suis personne. Pourtant, le capitaine Sellus Gravius a mentionné de façon très explicite que ses ordres émanaient directement de la chancellerie Impériale. Je ne comprends pas et je n’aime pas ça. Il semble évident qu’un jour ou l’autre, il me faudra payer le prix de ma libération. Pour l’heure, Gravius s’est contenté de me remettre une lettre et des ordres. Je dois porter ce document scellé à un certain Caïus Cosadès, à Balmora. Une petite bourse accompagnait le courrier.

Servir l’Empire, serait-ce là le prix de ma liberté ? Nous verrons bien. Peut-être aurai-je l’occasion de me soustraire à ce devoir mais peut-être est-il plus sage, pour l’instant, de se conformer à ces instructions. Tout cela reste à voir, mais avant de prendre une décision, je dois en apprendre davantage sur le lieu où je me trouve.

En dépit de ces nombreuses incertitudes, mon cœur est étreint d’une grande émotion car, pour la première fois, je foule la terre de mes ancêtres. Je sens que leurs esprits m’accompagnent dans mon voyage et c’est pour moi une grande source de réconfort.

Au moment ou j’écris ces lignes, je suis attablé dans une petite auberge, sans doute la seule de la bourgade… Son tenancier, Arrile, s’est montré plutôt accueillant. Je meurs de faim mais j’hésite à goûter à la nourriture servie ici. Tout me semble tellement étrange…

16 Vifazur en début d’après-midi, Auberge d’Arrile

J’ai finalement pris le risque de commander à manger. A ma grande surprise, on m’a apporté du pain et un ragoût de poisson et de crabe. Je me serai attendu à une nourriture plus…exotique. Sans doute les plats ont-ils été adaptés aux goûts des étrangers qui semblent constituer la majeure partie de la clientèle de l’établissement. J’ai profité de mon repas pour poser quelques questions à la Rougegarde qui s’occupe de la salle et j’en sais maintenant un peu plus sur ma situation.

Je me trouve à Seyda Nihyn, un minuscule village situé sur la Côte de la Mélancolie, au sud-ouest de Vvardenfell. La ville de Balmora où l’on m’a ordonné de me rendre se trouverait plus loin dans les terres, à environ un jour de marche, en direction du nord-est.

Comment m’y rendrai-je ? Je ne le sais pas pour l’instant. A vrai dire, je ne me sens pas prêt pour ce voyage. Je suis seul, sans équipement, sans moyens, sans guide… Peut-être vais-je rester ici encore un jour ou deux. Il est plus que temps pour moi d’agir selon mes seuls intérêts et nous verrons bien dans quelle mesure ceux-ci coïncident ou non avec les plans de l’Empire.

16 Vifazur en début de soirée, Auberge d’Arrile

J’ai passé une partie de l’après-midi à errer entre les habitations, posant des questions à droite et à gauche. En dehors du bureau des taxes et de l’auberge, il n’y a pas grand-chose qui soit digne d’intérêt ici, hormis peut-être le phare. Oh ! et l’échassier des marais bien sûr… une créature monstrueuse aux pattes immenses et griffues ! J’avoue qu’elle m’inspire quelques craintes mais à en croire un certain Vodunius, il s’agirait du moyen de transport le plus sûr et le plus rapide dans ces régions marécageuses. J’ai posé quelques questions à ce propos et il m’a assuré bien connaître la femme en charge de l’animal et va me recommander à elle. L’échassier des marais me permettrait de rallier Balmora en moins d’une demi-journée. J’imagine que c’est une bonne nouvelle…si on exclut le fait qu’il faille pour cela grimper sur le monstre.

Et puis il y a ce méprisable petit Bosmer. Fargoth… Il est venu ramper à mes pieds geignant sans cesse avec sa voix insupportable. Il me dégoûte. Sale race. Mais j’ai appris à les fréquenter lorsque les affaires l’exigeaient. Et aujourd’hui j’ai besoin des bavards et des commères. Diable, il faut bien que je sache où j’ai atterri !

Par chance cet idiot cherchait désespérément à récupérer un anneau… Celui-là même que j’ai trouvé ce matin dans un tonneau du bureau des taxes et du recensement. Bien que porteur d’un petit enchantement de soin, j’ai préféré l’échanger contre des informations. Fargoth a promis de me tenir informé de toutes les rumeurs intéressantes qui courent par ici. C’est un début et il a également juré de glisser pour moi un bon mot à Arrile afin que j’obtienne quelques avantages pécuniaires.

Ce soir, je resterai à l’auberge. Je vais essayer de profiter de la soirée pour nouer d’autres contacts. Les relations peuvent se révéler utiles…

Je dois également découvrir ce que contient le colis pour Cosadès. Pas question de foncer dans l’inconnu, je dois essayer de garder un pas d’avance !

16 Vifazur, tard dans la nuit, Auberge d’Arrile

La soirée a été intéressante. Elone, la serveuse qui m’a déjà renseigné a accepté de m’indiquer par écrit la route à suivre pour me rendre à Balmora. Il est d’ailleurs bien étrange qu’elle maîtrise les lettres. Une femme, une Rougegarde, une serveuse qui sait écrire ? Je ne crois pas qu’elle soit ce qu’elle prétend être. Je pense même que la plupart de ses soi-disant clients ne sont que des espions. Il y a des signes qui ne trompent pas un homme de mon expérience. Oh non… Mais sont-ils là pour moi ? Je ne suis plus personne depuis longtemps maintenant…

Mais la prudence d’abord, comme toujours, et dès demain il faudra que je trouve un autre point de chute que cette auberge. Et puis espions ou pas, Arrile lui-même rend des comptes aux autorités. Une information intéressante n’est-ce pas ? Trouvée dans un vieux parchemin innocemment cloué sur le bar, à la vue de tous… L’autorisation administrative faite à Arrile d’ouvrir son commerce à Seyda Nihyn et qui stipule que le tenancier a pour obligation d’informer le bailli de la présence de tout étranger qui dormirait à l’auberge plus de deux nuits consécutives.

Autre point tout à fait passionnant : les autorités en question sont représentées ici par la Maison Hlaalu… Quel plaisir de retrouver mes anciens maîtres ! Sont-ils derrière ma libération ? Se seraient-ils arrangés pour que je sois envoyé ici ? Qu’espèrent-ils de moi ? Se souviennent-ils seulement de moi ? Non, il n’y a peut-être aucun rapport. Je sais bien que les Hlaalu entretiennent depuis longtemps de bonnes relations avec l’Empire. Oh, pas pour le plaisir bien sûr, mais pour les avantages qu’ils peuvent retirer de cette feinte soumission ! Ce n’était qu’une Maison mineure avant l’invasion, mais depuis qu’ils sont à la botte des impériaux, ils ont pu étendre leur influence sur Morrowind. Tous cela ne doit avoir aucun lien avec moi, mais je n’aime pas l’idée que je puisse être surveillé. Il me faut une maison, un endroit discret, tranquille. Là je pourrai aviser.

J’ai réussi à ouvrir la lettre pour Cosadès sans en abîmer le sceau mais le document est codé. Il est tard et je n’ai pas la force de tenter de le déchiffrer maintenant mais j’y reviendrai. Avec un peu de chance, il me sera possible de briser le code. Les Impériaux ne sont pas très imaginatifs et si leurs protocoles de chiffrage n’ont pas trop évolué au cours des derniers années, je devrais parvenir à décrypter cette lettre sans trop de peine.

Il est plus que temps de dormir.

Je prie Azura qu’elle veille sur moi jusqu’au lendemain.

Pendant ce temps, dans une vie parallèle…

 

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *