Carnets de voyage en Morrowind #4

17 Vifazur, tôt dans la matinée, Auberge d’Arrile

J’ai affreusement mal dormi. La puanteur des marais semble encore plus forte la nuit venue et les pilotis de cette auberge n’ont pas cesser de branler toute la nuit. Et cette humidité ! Même ma cellule sous le niveau du lac Rumare me paraît aujourd’hui plus confortable ! Fichue île !

Et puis ce Nordique est venu me voir alors que je petit-déjeunais. Avais-je une tête à vouloir tailler bavette ? Il faut le croire car cet imbécile a eu la grossièreté de s’asseoir face à moi et de me parler. J’aurai pu l’étouffer de mes mains ! Mais il s’est avéré qu’il avait une proposition intéressante à me faire.

Cette brute épaisse, Hrisskar, est en fait un garde impériale affecté à la surveillance de l’auberge. Ce n’est qu’un tas de muscle sans cervelle qui accumule des dettes de jeux qu’il espère éponger en rackettant les locaux.

Il est convaincu que Fargoth lui dissimule un petit magot et me demande de trouver où. Je n’ai guère hésité avant d’accepter. L’idée de jouer un mauvais tour à cet idiot d’elfe tout en gagnant un peu d’argent suffit à me faire sourire, et Hrisskar, avec ses contacts, fera un bien meilleur informateur que lui.

17 Vifazur, en milieu de matinée, Maison de Vodunius

J’ai trouvé une nouvelle tanière ! Ha ! Me voilà à l’abri de tous les indiscrets qui traînent chez Arrile. Bien sûr, ce n’est pas grand-chose, juste une bicoque en face de l’auberge, que j’ai achetée à Vodunius Nuccius pour une bouchée de pain. Lui compte quitter Vvardenfell pour regagner sa région natale. Grand bien lui en fasse.

Cette masure fera très bien l’affaire pour les quelques jours que je compte y passer.

Fargoth m’a servilement rapporté les dernières rumeurs. Le collecteur de taxes, Processus Vitellius, serait porté manquant. L’histoire, bien qu’au cœur de toutes les conversations, n’a pas l’air de beaucoup inquiéter. Les agents du service des impôts sont souvent mal aimés et je fais le pari qu’on ne tardera pas à retrouver son corps sans vie dans une mare boueuse à quelques centaines de mètres de Seyda Nihyn. La garde elle-même ne semble pas pressée de conduire des investigations sur cette disparition, accréditant ainsi la rumeur selon laquelle certain de ses membres seraient partie prenante d’un petit réseau de contrebande basé dans une grotte non loin.

Cette après-midi, j’irai explorer les alentours. Explorer. Quel mot délicieux pour celui qui a été si longtemps privé de sa liberté ! Mais avant cela, j’irai faire quelques achats chez Arrile. Il est plus que temps de changer les haillons qui me servent de tunique. Et il me faudrait un bâton également, ou peut-être même une lance. Je n’ai pas l’intention de m’enfoncer dans un marais sans avoir de quoi sonder le sol devant moi et j’ai aperçu d’énormes crabes des vases. Hors de question que je m’en approche, une arme avec une bonne allonge me permettrait de les garder à bonne distance. Je n’ai plus beaucoup d’argent aussi vais-je emporter avec moi quelques-unes des affaires oubliées ici par mon bon Vodunius Nuccius pour les vendre. Je suis sûr que j’en obtiendrai bien quelques pièces !

17 Vifazur, vers midi, le long de la côte au Nord de Seyda Nihyn

Eh bien. On dirait que c’est moi qui ai retrouvé le corps du collecteur de taxes. Comme je le pensais, il a été tué et abandonné dans les marécages. J’imagine que l’assassin comptait sur les crabes de vases pour faire disparaître le corps. Peut-importe. J’ai ramassé deux cent Septims sur le cadavre. L’argent des taxes sans doute. Etonnant qu’il soit encore là. Il y avait un papier aussi, une sorte de liste de ceux qui doivent l’impôt. La plupart semblent avoir payé leur dû, mais pas tous. J’irai parler de cette affaire à Socucius, il y aura peut-être une récompense à la clef. Un peu d’or ne fait pas de mal, ça n’a pas d’importance qu’il vienne d’un Impérial.

Je vais casser la croûte avant de reprendre mon chemin. Ces marécages sont étranges. Pas aussi repoussant que j’aurai pu le penser. Bien sûr il y fait humide, et l’odeur est épouvantable, mais j’ai pu observer des champignons phosphorescents, d’étranges insectes et puis il a cette brume… L’endroit n’est pas sans beauté.

J’ai cueilli quelques échantillons de la flore locale (essentiellement des champignons) et je compte bien les étudier en détails car il y a sûrement quelque chose à en tirer.

Alors que je longeais la côte en direction du nord, j’ai aperçu l’entrée d’un étrange édifice perdu sur une minuscule île. Je pense qu’il s’agit d’un tombeau.

L’un des pensionnaires de l’auberge a évoqué leur existence devant moi. Selon lui, un mage aurait récemment égaré un anneau magique de grande puissance dans une tombe de la Côte de la Mélancolie. Serait-ce celui-ci ? J’en doute fort. La côte est longue et on doit y trouver de nombreuses sépultures. Quoi qu’il en soit, je préfère ne pas m’en approcher. Qui sait quels pièges attendent les imprudents qui oseraient profaner cette terre sacrée ? Je note toutefois son emplacement…

17 Vifazur, fin d’après-midi, chez moi

J’ai fini par rejoindre Seyda Nihyn après une longue marche dans les marais. Avant de regagner mon nouveau chez moi, j’ai rendu visite à Socucius Ergalla pour lui faire part du décès du collecteurs de taxes. Il a pris bonne note de ma découverte et n’a pas manqué de me demander si Processus transportait sur lui l’argent des impôts. J’aurai pu aisément mentir et conserver la bourse bien garnie que j’avais récupéré sur son corps mais j’ai préféré dire la vérité et rendre l’argent. C’est une façon de m’acheter une réputation auprès des autorités locales. D’une certaine façon, mon honnêteté a été récompensée car Socucius m’a promis une récompense de cinq cent Septims si je retrouvais le coupable du meurtre. Voilà qui arrangerait bien mes affaires.

17 Vifazur, milieu de soirée, au sommet du phare

Azura continue de me sourire et de m’assister activement. Grâce à elle, mon enquête sur la mort de Processus Vitellius a pris un tour inattendu.

La soirée débutait tout juste lorsque je me suis rendu au phare. Or, par un heureux hasard, il se trouve que la belle Dunmer qui en a la charge vivait une aventure avec notre brave Processus Vitellius. Il ne m’aura pas fallu longtemps pour lui faire dire qu’elle avait vu un certain Foryn Glinith menacer à plusieurs reprises son amant. Par ailleurs, il se trouve que ce Foryn ne s’est pas acquitté du paiement de l’impôt, ainsi qu’en atteste le relevé retrouvé sur le corps de Processus. Coïncidence ? Peut-être…mais j’en doute. La solution d’un problème est souvent la plus simple. J’irai lui rendre visite demain pour tirer l’affaire au clair et je ne doute pas de parvenir à lui arracher des aveux. Mais pour l’heure, je me retrouve perché au sommet du phare, la douce chaleur du feu d’alarme dans mon dos, un livre ouvert sur mes genoux. Oui, un livre ! Qui aurait pu croire qu’il en existait dans cette bourgade perdue ?! La gardienne du phare, en plus d’être charmante, a une petite éducation. Peut-être devrai-je aller la consoler cette nuit ? Après tout, ne vient-elle pas de perdre son compagnon ? Ah ! Allons ! Chassons ces idées pour le moment. Il y a tant à faire ! Car oui, je ne suis pas monté ici pour le seul plaisir de la vue. J’espère surprendre le minable Fargoth lorsqu’il ira cacher son or. Hrisskar est sûr qu’il le planque dehors ! Mon travail est de trouver où. Il me suffit d’attendre et de guetter. Je vois le petit elfe d’ici et aucun de ses mouvements ne m’échappera. Je te vois Fargoth, je te vois. Tu es si petit.

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