Frostpunk

Paru le 24 avril 2018

Terminé entre le 9 et le 10 février 2019, environ 19 heures[1]

J’ai apprécié la direction artistique soignée, la narration omniprésente, l’ambiance steampunk et désespérée, les automates.

Je n’ai pas apprécié le manque d’implication dans les choix moraux.

Une excellente expérience qu’il faudra renouveler.

Le générateur de chaleur, véritable dieu-machine au cœur de la vie des derniers survivants de l’enfer gelé de Frostpunk.

1822. Le mathématicien anglais Charles Babbage met au point une calculatrice mécanique automatique à vapeur capable de classifier les polynômes. Le succès de cette machine différentielle lui attire la sympathie du gouvernement britannique qui accepte de financer ses recherches et, en 1834, avec l’aide d’Ada Lovelace, il conçoit une machine analytique programmable capable d’effectuer diverses tâches. L’ordinateur est né.

Durant les décennies qui suivent, la machine analytique, largement améliorée, couplé avec le nouveau noyau à vapeur mis au point à la même période et de complexes mécanismes d’horlogerie donnent naissance à de fabuleux automates mécaniques.

Ces gigantesques machines de métal, que l’on baptisa simplement « Automaton », capables d’exécuter des séries de tâches complexes de façon autonome, constituent sans conteste le pinacle de l’ingénierie humaine et achèvent d’asseoir l’avance technologique de l’Empire Britannique sur le reste du monde.

1886. Le Grand Froid.

Durant l’été, une série de dérèglements climatiques entraîne des chutes de neiges et des périodes de gel dans les pays du nord. La température commence à chuter.

Le Royaume-Uni et plusieurs autres pays lancent des expéditions dans le Nord pour y mener des recherches sur l’origine de ces bouleversements. Les équipes de chercheurs britanniques sont dotés de gigantesques générateurs de chaleurs qui leur permettent de s’aventurer et de s’établir dans les terres gelées pour y étudier les phénomènes climatiques.

En Europe, la situation se dégrade rapidement, les récoltes gèlent sur pied et la famine ne tarde pas à s’installer. Beaucoup tentent de fuir vers le Sud mais la situation n’y est guère plus favorable et alors que la température continue de chuter inexorablement, la civilisation s’effondre lentement.

Le gouvernement Britannique, dans une dernière tentative de sauver l’Empire et son peuple, fait construire de gigantesques croiseurs terrestres capable de se déplacer sur les terres et les mers gelées. Leur objectif : conduire les survivants vers le Nord sur les bases de recherches équipées de générateurs de chaleur pour tenter d’y préserver ce qui reste de la civilisation humaine.

Sur les centaines qui embarquent à bord du dernier des Dreadnought, seuls une poignée parviennent à rallier un lointain cratère, abrité des vents, où les attend le Générateur de Chaleur.

Ce générateur ne va pas tarder à constituer le centre de leurs existences et de nos préoccupations. La petite ville de New London, d’abord simple camp de réfugiés va petit à petit s’étendre autour de ce générateur alors que de petits groupes de réfugiés parviennent, non sans aide, à rallier le cratère. Il faut s’assurer de donner à chacun abri, nourriture et soins, à la façon des jeux de gestions les plus classiques, mais également chaleur. Cette précieuse chaleur, produite par le Générateur et diffusée ensuite par des systèmes de radiateurs ou de conduites de vapeurs, est obtenu par la combustion du charbon, l’or noir de Frostpunk, que les survivants devront arracher à la terre gelée en travaillant à une cadence infernale, parfois jours et nuits, pour espérer survivre.

Cela ne suffira pas. Peut-être faudra-t-il aussi accepter de rationner la nourriture, de faire travailler les enfants, de se débarrasser des malades… Au fond, ce n’est pas si difficile que ça en à l’air car notre posture de gestionnaire creuse fatalement un gouffre entre nous et ceux que nous dirigeons. Bientôt, ils ne seront plus que des chiffres qu’il s’agit simplement d’agencer au mieux pour obtenir un résultat acceptable. C’est le seul échec de Frostpunk qui ne parvient pas à nous faire pleinement endosser les conséquences de nos décisions. Pour le reste, c’est un excellent jeu !

[1] Oui, j’ai joué 19 heures entre le 9 et le 10 février 2019. Ce sont des choses qui arrivent. Rarement, mais elles arrivent. 

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