Mystères de Vvardenfell #1

Entre novembre 2016 et juin 2017

Ah… Morrowind… que de souvenirs… Vvardenfell, le Mont Écarlate, Vivec… des noms qui résonnent encore dans mon esprit, chargés d’émotions, empreints de mystères… Rien, ni le temps qui file, ni ses suites, ne m’auront fait oublier Morrowind. Chaque année, je me reprends à ôter délicatement le jeu de sa vieille boîte cartonnée, toujours impatient à l’idée de fouler une fois encore le sol de Vvardenfell, d’affronter les dangers des Terre-Cendres ou de revoir la majestueuse cité de Vivec émerger du brouillard.

Mais à vrai dire, les choses vont rarement bien loin. Trop heureux de renouer avec le passé, je me plais à vagabonder le long de sentiers tracés voilà longtemps, lors de mes premières explorations sans jamais oser me risquer dans ces terres que je connais mal. Fatigué de courir l’aventure, je me contente trop souvent d’une simple promenade le long des Côte de la Mélancolie. Triste ? Allons… après tout, je ne cherche qu’à raviver un souvenir… Mais peut-être, après tant d’années, est-il finalement temps de dire adieu à Morrowind. Temps de lancer une ultime partie. Je l’imagine grandiose et…sans fin ! Sans doute une telle aventure mériterait-elle d’être confiée au papier ?

Une dernière partie, un journal d’aventure… L’idée est belle ! Elle demanderait bien du courage et, surtout, un personnage d’exception ! Un qui soit capable de m’ouvrir toutes les portes de Vvardenfell, d’en percer chaque mystère et de m’inspirer mille lignes et encore mille autres ! Mais qui pourrait relever pareil défi ?

Voilà à peu près les pensées qui me traversèrent l’esprit à la fin du mois de septembre 2016 et, plusieurs jours durant, je m’évertuai à imaginer le personnage auquel je pourrai confier le destin de ma dernière partie de Morrowind. Il n’était pas question de me lancer bille en tête dans l’aventure. Si je m’imposai de tenir journal, il était nécessaire que mon personnage ait une personnalité et une histoire bien définies. Je comptais en effet sur les contraintes du jeu de rôle pour pimenter ma partie et rendre l’exercice d’écriture divertissant. Dans le même temps, et afin de profiter au maximum des possibilités offertes par le jeu, je cherchai à développer un personnage aussi versatile que possible. Je songeais à un intellectuel aventureux dont les compétences variées et la curiosité me permettraient de légitimer toutes sortes de pratiques et de décisions risquées et je crois me souvenir que mon premier candidat fut en fait…une candidate. Une certaine Ada Indoril dont j’avais pour projet de faire un véritable rat de bibliothèque (mais un joli rat). Sa soif de connaissances me permettrait de justifier la lecture des nombreux ouvrages présents dans le jeu ainsi qu’un intérêt marqué pour la culture Dunmer et les éléments de background en général. Toutefois, ce personnage me parut rapidement assez plat et, en outre, je pressentis que jouer un personnage féminin reviendrait à prendre un double risque, d’abord celui de prêter à un avatar féminin mon mode de pensée masculin [insérez ici toutes les précautions oratoires qu’il vous plaira et qui m’éviteront de passer pour un misogyne, un féministe ou que sais-je encore] et ensuite celui de multiplier bêtement les fautes d’accords (j’en fais déjà bien assez).

Mon deuxième aspirant fut un pèlerin. Il existe sur Vvardenfell de nombreux lieux de pèlerinage et je me voyais déjà courir les routes de sanctuaire en sanctuaire, à la recherche d’un savoir mystique qui, pour important qu’il soit, m’avait jusque-là assez largement échappé lors de mes parties précédentes.  L’idée était séduisante, mais sans doute trop limitée. Poursuivant mes recherches, je tombai sur la chaîne YouTube d’un certain SorcererDave qui s’était lancé dans un let’s play de Morrowind et dont l’avatar me fit forte impression. Fathis Ulven, puisque c’est ainsi que son créateur l’avait baptisé, était un petit espion qui, après avoir été abandonné par ses maîtres, cherchait à s’élever au-dessus de sa condition pour obtenir vengeance. C’est donc en partie sur ce modèle que je conçu mon personnage tout en ne manquant pas, bien entendu, de l’adapter à mes besoins et d’enrichir assez largement son histoire au passage. A dire vrai, j’avais l’habitude de jouer des personnages de l’ombre, voleurs, espions, assassins et c’est donc assez naturellement que je me suis orienté dans cette voie. Toutefois, pour varier les plaisirs autant que pour m’écarter de mon modèle, j’ai souhaité lui donner des pouvoirs de mages. En outre, je voyais dans la formation à la magie une façon de lui ouvrir l’esprit, de développer sa curiosité, ce qui me serait bien utile pour justifier son désir d’apprendre tout ce qu’il y avait à savoir sur Morrowind. De plus, sachant l’importance de l’élément religieux dans le background du jeu, je ne voulais pas abandonner totalement l’idée du pèlerin qui m’était venue plus tôt. Je décidai donc de faire de mon personnage un dévot, fidèle d’Azura, Boéthia et Méphala, ce qui me donnerait une excellente raison de m’investir dans les querelles religieuses de Vvardenfell et de me pencher plus sérieusement que je ne l’avais fait jusque-là sur la faction du Temple et les croyances des tribus Cendraises.

Comme à mon habitude, j’envisageai de jouer un elfe noir, un Dunmer (c’est ainsi qu’ils se nomment dans l’univers de The Elder Scrolls). Deux raisons à cela. La nostalgie d’abord ! Lorsque le jeu est sorti, j’avais treize ans. Je ne jurai alors que par les elfes, et surtout les noirs (l’adolescence…) et je me souviens très bien de la façon dont l’aventure Morrowind a débuté pour moi. Je me trouvai debout à côté du bureau de mon père alors que celui-ci cherchait à acquérir un nouveau jeu vidéo. Je ne sais sur quel site il trouva Morrowind mais lorsqu’il m’en lu la description je n’en retins qu’une chose :

« Blablabla…neuf races jouables dont blablabla., blablabla, les elfes noirs… ». Devant mon enthousiasme, mon père accepta d’acheter Morrowind et peu de temps plus tard, je fis, dans la peau d’un elfe noir, mes premiers pas sur le sol de Vvardenfell. Je crois ne jamais avoir joué une autre race dans Morrowind, Oblivion ou Skyrim (j’ai pourtant grandi et, avec l’âge, fini par délaisser les elfes dans la majorité des autres RPG).

Par ailleurs, Vvardenfell est située en Morrowind, la terre natale des Dunmer, c’est leur terre, leur culture que l’on explore, leur destin que l’on embrasse, alors pourquoi jouer un étranger ?

La chose étant entendue, il me restait à trouver un nom qui convienne à mon personnage et qui plaise à mon oreille. Je parcouru internet, recensant tous les noms et prénoms Dunmer présents dans chacun des jeux de la série et, à partir de cette base, composai un patronyme qui me satisfasse. Dravel Sarethi était né.

Durant cette période de réflexion, j’avais procédé à l’installation du jeu ainsi que d’une multitude de mods destinés à rendre l’expérience aussi plaisante que possible. Enfin, je lançai ma partie et rédigeai les premières entrées du journal de Dravel Sarethi. Cette expérience, bien que me procurant une certaine satisfaction, ne dura pas. L’écriture finit par parasiter le jeu et, rapidement, je ne fus plus capable de poursuivre dans cette voie. A la fin du mois d’octobre 2016, mon ordinateur rendit l’âme, mettant un terme définitif à mon entreprise. Toutefois, Dravel Sarethi survécu à cette affaire car j’avais pris le soin de mettre à l’abri le récit de ses premières aventures et, régulièrement, il revint occuper mes pensées, me poussant sans cesse à relancer avec lui cette fameuse « dernière partie de Morrowind ».

Plusieurs mois se sont écoulés et nous sommes maintenant en juin 2017. Voilà une vingtaine de jours que je réfléchi très sérieusement à la question, le jeu est installé avec pléthore de mods et Dravel n’attends que moi.

Pendant ce temps en Morrowind…

Après un temps de réflexion, j’a lancé l’aventure.

3 Comments

  1. 26 octobre 2017
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    J’aime beaucoup cette idée d’immortaliser la dernière partie d’un jeu auquel tu voues un véritable culte. J’ai très peu joué à Morrowind et n’ai pas su l’apprécier à cause de sa jouabilité sur xbox et des combats basés sur des pourcentages plus que sur la dextérité, mais je peux tout à fait comprendre qu’il puisse te passionner, on a tous un jeu comme ça j’imagine. Moi c’est sur Skyrim que j’ai vraiment libéré mon esprit RP, ma créativité, mon sens de l’immersion vidéo-ludique. Ca me rappelle que sur mes deux premiers RP, de ce jeu, j’ai écrit un journal également de mon perso que je me suis promis de rédiger sur mon blog, mais encore une fois l’effort que cela coûte m’a découragé. Cela dit j’ai du commencer à le faire sur le forum du jeu donc tout n’est pas perdu. Le lien renvoie au premier chapitre de ton RP et non au second, sans doute une erreur. En tout cas cette façon de décrire en parallèle ton expérience est originale et très intéressante pour comprendre le processus créatif et la manière dont le jeu et notre imagination se renvoie la balle. Tu as bien fait de le publier.

    • Luremaster
      27 octobre 2017
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      Morrowind est un vieux jeu et ses mécaniques ont assez mal supporté le passage du temps, il faut bien le reconnaître. Moi-même, je trouve les combats plutôt ennuyeux mais là n’est pas le coeur du jeu. Sa force c’est la liberté qu’il offre et sa direction artistique exceptionnelle. Mais si la chose t’intéresse j’ai rédigé un test très personnel du jeu et je peux te le faire parvenir.
      Le premier lien renvoie effectivement au premier chapitre du RP, ce n’est pas une erreur mais une tentative (maladroite) de montrer le parallélisme entre les deux textes. Ils se correspondent l’un à l’autre. Ceci étant, je devrais également ajouter un lien vers la suite, cela semblerait logique ! J’avoue que je dois encore réfléchir à l’ordonnancement de tout cela. La mise en scène doit être pertinente au regard de mon projet mais pas au détriment de l’ergonomie. Merci de pointer les failles de tout cela, j’apprécie !

      Bien à toi,

      Lure

  2. 27 octobre 2017
    Reply

    Pour le lien finalement j’avais compris, cela dépendait par où on commençait à lire, mais effectivement mettre deux liens me parait une bonne idée pour faciliter la navigation.
    Oui je suis curieux de lire ton test. Je vais t’envoyer un mail et tu pourras me le transmettre ainsi.

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